Le jour s’écoule parfois le long de la fenêtre par Liviu-Ioan Mureşan

un oiseau blanc et un autre noir à travers les yeux de marie
l’un vert et l’autre marron
dans celui gauche une larme comme un serpent vers la bouche
une langue bifurquée touche sa langue
qu’elle crie comme elle crie d’habitude et plus fort
qu’elle crie
marie frappe l’air avec ses poings
sur ma poitrine des ecchymoses apparaissent et la douleur frétille dans le sternum
puis nous regardons par la fenêtre les gens dépêchés et les voitures
elle colle à mon dos
me pousse avec ses mamelons l’oiseau blanc et l’oiseau noir se heurtent à la vitre
deux taches de sang s’écoulent et parmi elles les gens et les voitures
comme s’ils vivent
je l’embrasse et elle me pique de toutes les armes de la femme
dans l’oeil droit une larme
comme une poire
nous la mangeons tous les deux
et le jour semble plus vivant que les gens

traduction par Ottilia Ardeleanu

(le 10 mars 2012)


and… for me this:
“The scariest moment is always just before you start.” – Stephen King